Communique de presse du service de la diplomatie publique de l’Ambassade – N 52
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Au soixante-dixième jour du début de l’agression militaire des États-Unis et du régime sioniste contre la République islamique d’Iran, le service de la diplomatie publique de l’Ambassade d’Iran en France souhaite porter les éléments suivants à l’attention des médias et de l’opinion publique :
Aperçu général des événements des derniers jours
Au cours des quarante-huit dernières heures, sur le plan politique, les responsables iraniens ont mis l’accent, dans leur narration de la crise, sur la « résistance face aux pressions » et sur le « caractère illégal des actions américaines et israéliennes ». Ils affirment que la crise du détroit d’Ormuz est la conséquence directe des attaques et du blocus maritime mettent en garde contre toute tentative d’utiliser le Conseil de sécurité pour légitimer ces actions et soutiennent que le retour à une circulation normale dans le détroit d’Ormuz demeure conditionné à l’arrêt de la guerre et à la levée du blocus.
Sur le plan militaire, les développements témoignent d’une intensification des tensions autour du détroit d’Ormuz. L’Iran considère les attaques américaines contre des navires iraniens et des cibles civiles comme une violation du cessez-le-feu. En parallèle, les positions de Donald Trump traduisent un lien entre les efforts visant à établir un corridor maritime sécurisé et la menace d’une reprise des bombardements en l’absence d’accord.
Sur le plan économique, le marché de l’énergie demeure sous pression. Les niveaux élevés des prix du pétrole, du gaz et des métaux, ainsi que l’augmentation des coûts du carburant pour les entreprises, combinés aux inquiétudes liées à une forte volatilité, sont présentés comme des signes de l’impact étendu de la guerre sur l’économie mondiale. Des informations faisant état d’enquêtes sur le marché pétrolier, s’agissant des transactions suspectes influencées par les des déclarations du président américain et des avertissements concernant les pressions pesant sur les réserves de carburant américaines soulignent également la fragilité de la situation.
Sur le plan diplomatique, les échanges de l’Iran avec la Chine, le Pakistan et la France montrent que parallèlement à la poursuite de sa résistance, l’Iran continue à défendre ses droits dans le détroit d’Ormuz. Dans le même temps, les responsables iraniens évoquent les limites des outils militaires et diplomatiques américains et insistent sur le rôle de l’Iran dans ce passage stratégique vital. D’une manière générale, les développements des quarante-huit dernières heures traduisent une crise qui se déploie simultanément sur les plans militaire, juridique, économique et diplomatique, sans qu’une perspective claire de sortie durable ne se dessine à ce stade.
1. Dernières déclarations des responsables iraniens
Dr Mohammad Bagher Ghalibaf , Président du Parlement
L’opération « Trust Me Bro » a échoué. Retour maintenant à l’« opération Fauxios ».
Dr Mohammad Bagher Ghalibaf
- L’ennemi cherche à contraindre l’Iran à la capitulation par la pression économique ;
- Nous n’écartons pas la possibilité d’une attaque militaire, en particulier d’attaques terroristes ;
- Nous avons besoin des idées et des propositions des élites pour résoudre les problèmes liés à la guerre. N’attendez personne ; présentez vos solutions aux responsables ;
- Les Iraniens de l’étranger peuvent constituer l’un des plus grands facteurs de l’échec de l’ennemi et pousser les autorités à mobiliser leurs capacités au service de l’Iran ;
- J’exprime ma gratitude envers chacun des nobles citoyens iraniens qui, quelles que soient leurs sensibilités politiques ou religieuses, soutiennent la défense de notre chère patrie, l’Iran.
Dr Seyed Abbas Araghchi, Ministre des Affaires étrangères
À chaque fois qu'une solution diplomatique est sur la table, les États-Unis optent pour une aventure militaire téméraire. Est-ce une tactique de pression grossière ? Ou le résultat d'un saboteur qui, une fois de plus, dupe le POTUS dans un nouveau bourbier ? Quelles qu'en soient les causes, le résultat est le même : les Iraniens ne plient jamais sous la pression.
Dr Seyed Abbas Araghchi
- La cause principale de la situation actuelle dans le détroit d’Ormuz, à savoir l’agression militaire et le recours illégal à la force par les États-Unis et le régime israélien contre la République islamique d’Iran, découle directement et exclusivement de leur guerre d’agression injustifiée et illégale ;
- La communauté internationale ne doit pas permettre que le Conseil de sécurité soit instrumentalisé par les agresseurs ni transformé en un outil de légitimation de leurs actes illégaux ;
- Il convient d’empêcher toute tentative de déformation des règles et principes établis du droit international visant à justifier l’agression ou le recours illégal à la force ;
- Les violations répétées du cessez-le-feu par les États-Unis, notamment le blocus maritime illégal ainsi que les attaques contre des navires iraniens et leur saisie, ne doivent pas être ignorées ;
- Le projet de résolution présenté par Bahreïn et les États-Unis affaiblirait gravement la crédibilité et le statut du Conseil de sécurité, politiserait les prérogatives exécutives du Conseil et créerait un précédent dangereux en légitimant des mesures coercitives unilatérales ainsi que des comportements illégaux des États-Unis portant atteinte à la souveraineté et aux droits souverains des États côtiers ;
- En cas d’arrêt permanent de la guerre et de levée du blocus ainsi que des sanctions illégales imposées à l’Iran, la circulation maritime normale dans le détroit d’Ormuz reprendra. La voie vers la stabilité réside dans le respect du droit international par les États-Unis et non dans une instrumentalisation du Conseil de sécurité qui ne ferait qu’aggraver davantage la situation.
Esmaeil Baqaei, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères
Le concept de « négociations » exige, au minimum, une tentative sincère d’engager des discussions en vue de résoudre le différend (CIJ, Arrêt du 1er avril 2011, par. 157). Il requiert donc une « bonne foi », ce qui signifie que les « négociations » ne sont pas une « dispute » ; elles ne sont pas non plus une « dictation », une « tromperie », une « extorsion » ou une « coercition ».
Esmaeil Baqaei
La proposition américaine est toujours à l’étude du côté iranien et l’Iran transmettra ses observations à la partie pakistanaise après avoir finalisé son évaluation.
La Mission permanente de la République islamique d’Iran auprès des Nations unies
Le projet de résolution que les États-Unis cherchent à faire avancer au Conseil de sécurité est politiquement motivé. L’Iran appelle les États membres à s’abstenir de le soutenir ou de participer à sa rédaction. La seule solution acceptable à la situation dans le détroit d’Ormuz réside dans « la fin définitive de la guerre, la levée du blocus maritime et le retour à une circulation normale des navires ».
À l’inverse, les États-Unis promeuvent au Conseil de sécurité un projet de résolution défaillant et motivé par des considérations politiques, sous couvert de la « liberté de navigation », afin de servir leurs propres objectifs politiques et de donner une apparence de légalité à leurs actions illégales, et non de résoudre la crise. L’Iran appelle les États membres des Nations unies à agir sur la base de la raison, de l’équité et des principes, et non sous la pression.
2. Crise dans le détroit d’Ormuz
Commandement de la Force navale des Gardiens de la Révolution
Nous remercions les capitaines et les propriétaires des navires stationnés dans le golfe Persique et la mer d’Oman pour leur circulation à travers le détroit d’Hormuz conformément aux règles de l’Iran et pour la coopération satisfaisante des bâtiments dans la sécurité de la navigation dans la région. Avec la fin des menaces des agresseurs et à la faveur des nouvelles procédures, la possibilité d’un passage sûr et durable par le détroit sera assurée.
Commandement de la Force navale des Gardiens de la Révolution
À la suite de la violation du cessez-le-feu et de l’agression menée par l’armée terroriste américaine contre un pétrolier de la République islamique d’Iran à proximité du port de Jask, ainsi qu’à l’approche de destroyers de l’armée terroriste américaine vers le détroit d’Ormuz, une opération combinée d’une très grande ampleur et d’une haute précision a été menée contre les destroyers ennemis, avec l’emploi de différents types de missiles balistiques et de croisière antinavires ainsi que de drones suicides dotés d’ogives à forte puissance explosive.
Les renseignements recueillis indiquent que l’ennemi américain a subi des dégâts significatifs et que trois navires ennemis agresseurs ont rapidement pris la fuite hors de la zone du détroit d’Ormuz.
Le porte-parole du Quartier général central Khatam al-Anbiya
L’armée américaine agresseuse, terroriste et pirate a violé le cessez-le-feu en prenant pour cible un pétrolier iranien naviguant depuis les eaux côtières iraniennes dans la région de Jask en direction du détroit d’Ormuz, ainsi qu’un autre navire entrant dans le détroit d’Ormuz au large du port émirati de Fujaïrah. Simultanément, avec la coopération de certains pays de la région, elle a mené des frappes aériennes contre des zones civiles situées sur les côtes de Bandar Khamir, Sirik et de l’île de Qeshm.
Les forces armées de la République islamique d’Iran ont immédiatement réagi en lançant des attaques contre des bâtiments militaires américains à l’est du détroit d’Ormuz et au sud du port de Chabahar, leur infligeant des dégâts significatifs. Les États-Unis criminels et agresseurs ainsi que les pays qui les soutiennent doivent savoir que la République islamique d’Iran, comme par le passé, répondra avec puissance et sans la moindre hésitation à toute agression ou atteinte à sa souveraineté.
Le bureau des relations publiques de l’armée de la République islamique d’Iran
En application d’une décision du Conseil suprême de sécurité nationale et sur ordre judiciaire, la marine de l’armée de la République islamique d’Iran a mené une opération spéciale en mer d’Oman contre le pétrolier contrevenant OCEAN KOI, transportant une cargaison pétrolière appartenant à la République islamique d’Iran, lequel tentait, en profitant de la situation régionale, de porter atteinte aux exportations pétrolières et aux intérêts du peuple iranien.
Au cours de cette opération, les commandos et fusiliers marins de la marine iranienne ont escorté le pétrolier contrevenant vers les côtes méridionales du pays avant de le remettre aux autorités judiciaires. La marine de l’armée de la République islamique d’Iran défend avec fermeté les intérêts et les biens du peuple iranien dans les eaux régionales du pays et ne fera preuve d’aucune indulgence envers quelque contrevenant ou agresseur que ce soit.
3. Actions provocatrices de tension
Donald Trump, président des États-Unis
« Si l’Iran accepte de donner ce qui a été convenu, ce qui reste une grande hypothèse, l’opération “Epic Rage” prendra fin, et le blocus extrêmement efficace permettra de maintenir le détroit d’Ormuz ouvert à tous, y compris à l’Iran. S’ils n’acceptent pas, les bombardements reprendront, malheureusement à un niveau et avec une intensité bien supérieurs à ceux d’auparavant.»
4. Les pertes humaines et les dommages causés par la guerre
- Les dégâts causés aux résidences universitaires et à l’Institut de recherche sur le laser et le plasma de l’Université Shahid Beheshti
- Le gouverneur de Minab
À la suite des actes d’agression commis par les Américains dans la nuit dernière dans les eaux du détroit d’Ormuz et de la mer de Makran (mer d’Oman), un navire de transport a été touché à proximité des eaux de la ville de Minab et a pris feu. Quinze marins se trouvaient à bord de cette embarcation de transport ; parmi eux, un marin est tombé en martyr, dix autres ont été blessés et transférés à l’hôpital, tandis que quatre personnes sont portées disparues. Les équipes de recherche poursuivent leurs efforts afin de retrouver les marins disparus.
5. Lutte contre la propagande, la guerre psychologique, les mensonges et les tentatives de manipulation de l’opinion publique
Megatron
Trump affirme que le pape Léo a déclaré que l’Iran peut posséder l’arme nucléaire.
Vérification des faits : le pape Léo n’a jamais tenu de tels propos.
The Independent
Les marchés ne se fient plus uniquement aux déclarations de Trump, les opérateurs suivent désormais davantage les évolutions concrètes dans le détroit d’Ormuz et dans les négociations, que les promesses politiques. Les analystes indiquent que le changement constant de position de Trump a accru la volatilité sur les marchés du pétrole, des actions et du transport maritime mondial.
Tanker Trackers
Des pétroliers vides, placés sous sanctions américaines continuent d’affluer.
Aujourd’hui, le VINA/VALLEY (9157478), qui livre régulièrement du GPL iranien aux Houthis au Yémen, est parvenu à pénétrer le périmètre du blocus ; il émet désormais également un signal sur le système AIS. Un pétrolier iranien de plus grande taille transportant du pétrole est également arrivé. Ce sont ce type de pétroliers vides qui permettent à Téhéran de gagner davantage de temps.
The Wall Street Journal
L’effort à court terme de l’administration Trump visant à rouvrir le golfe Persique et le détroit d’Ormuz a produit, simultanément, des succès tactiques limités et d’importants échecs stratégiques. Dans le cadre d’une opération baptisée « Project Freedom », l’armée américaine a mis en place un nouveau corridor maritime le long des côtes omanaises afin de permettre aux navires commerciaux de traverser le détroit sous l’escorte de destroyers, d’hélicoptères Apache et Seahawk ainsi que de drones de reconnaissance et de combat.
Le premier grand navire, Alliance Fairfax, après des semaines d’errance dans le golfe Persique, a franchi cette voie étroite sous une forte couverture des forces américaines ; un passage qui, dans les faits, ne permettait la traversée que d’un seul navire à la fois.
Sur le plan opérationnel, les forces américaines sont parvenues à faire traverser ce corridor à au moins deux navires, dont un pétrolier battant pavillon américain, et ont détruit plusieurs vedettes rapides iraniennes à l’aide de tirs d’hélicoptères. En réponse, l’Iran a mené une série d’attaques de missiles et de drones contre des navires commerciaux et des infrastructures énergétiques dans le golfe Persique.
À la suite de cette escalade, Donald Trump a annoncé la suspension de l’opération seulement environ trente-six heures après le lancement du « Project Freedom », attribuant cette décision à des « progrès dans les négociations avec l’Iran » ainsi qu’à une demande du Pakistan, médiateur des discussions. Selon de nombreux responsables militaires et analystes, cette expérience a montré que les États-Unis ne sont pas en mesure de remettre fondamentalement en cause le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz et sur les équilibres de la navigation mondiale sans courir un risque élevé d’escalade du conflit et sans un soutien durable de leurs alliés régionaux.
Reuters
Avec la reprise des affrontements militaires entre l’Iran et les États-Unis, les prix du pétrole ont progressé d’environ 1 % vendredi, même si les deux références, Brent Crude Oil et West Texas Intermediate, restent en voie d’enregistrer une baisse hebdomadaire proche de 6 %. Auparavant, les prix avaient reculé pendant trois séances consécutives après la publication d’informations évoquant la possibilité d’un accord de paix entre les deux parties, susceptible de mettre fin à la guerre tout en reportant le règlement du dossier nucléaire iranien. Désormais, la nouvelle aggravation des tensions remet en cause la fragilité du cessez-le-feu et renforce le pessimisme quant à une réouverture du détroit d’Ormuz, passage vital pour près d’un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié avant le conflit.
Le marché pétrolier serait « au bord d’un effondrement complet» et la formation des prix ne refléterait plus une évaluation réaliste de l’évolution de la guerre ni de la situation physique du détroit d’Ormuz. À chaque fois que l’administration américaine met en avant la perspective d’un « réchauffement des relations », le marché réagit avec optimisme, mais l’effet de cet optimisme devient de plus en plus limité. Du point de vue de l’offre, la situation mondiale demeure tendue et fortement risquée. L’autorité américaine de régulation Commodity Futures Trading Commission mène actuellement une enquête sur des transactions d’environ sept milliards de dollars sur le marché des contrats à terme pétroliers ; des opérations principalement constituées de positions vendeuses prises avant les déclarations de Donald Trump sur la guerre et la politique envers l’Iran, suscitant des soupçons de délit d’initié ou de manipulation de marché.
The Telegraph
Le plan de Trump concernant le détroit d’Ormuz n’est pas parvenu à convaincre les dirigeants du secteur maritime.
Alors que les États-Unis promettent de garantir une navigation sécurisée, les acteurs du marché soulignent que les menaces réelles — notamment les attaques, les mines et les tensions avec l’Iran — demeurent intactes. Même avec une escorte militaire, de nombreux armateurs refusent toujours de faire transiter leurs navires, les risques opérationnels et les coûts d’assurance restant très élevés. Tant que la menace liée à l’Iran ne diminuera pas, un retour à la normale du commerce maritime via cette route paraît peu probable.
Le Figaro
Les États-Unis ont informé confidentiellement les autorités françaises qu’ils étaient confrontés à des pénuries de munitions. Plusieurs médias internationaux avaient déjà évoqué l’épuisement d’une partie de l’arsenal américain en armements stratégiques dans le cadre de la guerre contre l’Iran, en soulignant que la reconstitution de ces stocks nécessiterait du temps.
6. Situation du marché de l’énergie et effets de la crise
Le marché mondial de l’énergie demeure soumis à un niveau élevé de tension et de volatilité les 7 et 8 mai 2026, même s’il est entré dans une phase de correction par rapport aux sommets atteints à la fin du mois d’avril, liés à la fermeture du détroit d’Ormuz.
Le prix du Brent Crude Oil évoluait le 7 mai dans une fourchette de 102 à 103 dollars le baril, soit une hausse d’environ 1 à 1,5 % au cours de la même séance. Le West Texas Intermediate se négociait légèrement sous les 100 dollars, dans une fourchette de 96 à 99 dollars le baril ; il s’agit également d’une phase de correction après une envolée au-dessus de 110 dollars à la fin du mois d’avril, même si les cours demeurent encore supérieurs de plus de 60 % aux niveaux observés en 2025.
Les prix du gaz naturel restent élevés à l’échelle internationale, même si leur niveau varie selon les hubs et les marchés. Le contrat de référence européen du gaz naturel (TTF) s’établissait le 7 mai autour de 45 à 46 euros par mégawattheure, ce qui correspond à une hausse de plusieurs pourcents sur une journée et à une progression annuelle estimée entre 25 et 30 %.
Les notes d’analyse des marchés et les instituts spécialisés soulignent que la fermeture ou la restriction du détroit d’Ormuz — passage par lequel transitaient avant la guerre près de 20 % du pétrole mondial et une part importante du gaz naturel liquéfié — a imposé une prime de risque structurelle à l’ensemble du marché de l’énergie. Même lorsque des rumeurs de progrès diplomatiques provoquent des corrections techniques et des replis temporaires des prix, cette prime de risque ne disparaît pas complètement.
Métaux et autres matières premières : les tensions et l’incertitude provoquées par la crise d’Ormuz et par la guerre sont également visibles sur les marchés des métaux et des autres matières premières.
Le prix de l’or s’établissait le 7 mai autour de 4 700 dollars l’once, soit une hausse de plus de 40 % par rapport à 2025, reflétant une forte demande pour les valeurs refuges dans un contexte combinant guerre au Moyen-Orient et chocs énergétiques majeurs. L’argent se négociait dans une fourchette de 78 à 80 dollars l’once, avec une progression marquée à l’échelle mensuelle et plus qu’un doublement sur un an ; cette dynamique est liée à la fois à son rôle de valeur refuge et à la demande industrielle. Le cuivre, souvent considéré comme un baromètre de l’activité économique mondiale, se situait au début du mois de mai autour de 6,1 dollars la livre et affichait une progression de plus de 30 % par rapport à l’année précédente, se rapprochant de ses sommets historiques ; une situation qui reflète à la fois des contraintes structurelles sur l’offre et des inquiétudes concernant les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les indices agrégés des prix des matières premières montrent que le niveau général des prix demeure élevé, même si certaines céréales ont connu une correction limitée au début de la semaine précédant le 7 mai, sans pour autant effacer les fortes hausses accumulées au cours des mois précédents. Les analyses spécialisées convergent largement pour considérer que la crise du détroit d’Ormuz agit comme un « amplificateur de risque systémique » sur le marché de l’énergie et diffuse ses effets vers les autres marchés de matières premières à travers la hausse des coûts de transport, le renforcement des anticipations inflationnistes et l’accroissement de l’incertitude géopolitique.
Financial Times
Selon une analyse de Global Trade Alert, la volatilité des prix est plus dommageable que la hausse des prix elle-même et entraînera une diminution des flux commerciaux mondiaux. Les effets des fluctuations des prix du carburant apparaissent jusqu’à dix-neuf mois après leur survenue ; ainsi, malgré la stabilité relative actuelle des tarifs du transport maritime par conteneurs, les conséquences les plus graves liées au renouvellement des contrats de transport maritime et à la baisse de la confiance des consommateurs restent encore à venir.
Reuters
Lufthansa Group a annoncé que ses coûts de carburant pour l’année 2026 seraient supérieurs de 1,7 milliard d’euros aux estimations précédentes en raison de la guerre avec l’Iran et de la hausse des prix du kérosène. Le groupe se prépare également à d’éventuelles pénuries de carburant.
La baisse des réserves américaines de carburant a fragilisé Donald Trump. Les analystes avertissent que la poursuite des perturbations sur le marché mondial de l’énergie pourrait entraîner une nouvelle hausse des prix. Le recul des stocks d’essence, de diesel et de carburant aérien intervient alors que les raffineries sont confrontées à une forte pression de la demande et à des perturbations de l’offre.
Foreign Affairs
L’Iran a montré qu’il était capable, chaque fois qu’il le souhaite, de fermer le détroit d’Ormuz aux navires, même sous les yeux de la puissance militaire américaine. Washington ne doit pas se bercer de l’illusion que la force militaire et les manœuvres diplomatiques pourront résoudre durablement ce problème.
Federal Reserve Bank of Chicago
Le président de la banque de la Réserve fédérale de Chicago a déclaré qu’aux États-Unis, l’inflation a non seulement cessé de suivre une trajectoire baissière vers l’objectif de 2 % fixé par la Réserve fédérale, mais qu’elle a également augmenté depuis le début de la guerre contre l’Iran.
7. Efforts diplomatiques
Entretien téléphonique entre les présidents iranien et français
Masoud Pezeshkian
- La méfiance de la République islamique d’Iran à l’égard des États-Unis résulte des actes hostiles de la partie américaine, dont les plus récents consiste à deux attaques contre l’Iran menées alors même que des négociations étaient en cours, ce qui équivaut, dans les faits, à un coup de poignard dans le dos ;
- Le régime sioniste n’a en aucun cas respecté ses engagements liés au cessez-le-feu.
- L’Iran a toujours agi avec sincérité dans ses échanges avec l’Europe, mais cette approche n’a pas été accompagnée d’une attitude réciproque ;
- Toute négociation concernant la réouverture complète du détroit d’Ormuz suppose la levée du blocus maritime imposé par les États-Unis ;
- L’efficacité de ces négociations dépend de la fin de la guerre et de la fourniture des garanties nécessaires afin d’empêcher la répétition d’actes hostiles.
Emmanuel Macron
- Paris soutient le cadre du cessez-le-feu ainsi que la nécessité de rouvrir le détroit d’Ormuz par des voies diplomatiques.
Entretien téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères iranien et pakistanais
Seyed Abbas Araghchi et Ishaq Dar se sont entretenus par téléphone, jeudi après-midi.
Les deux ministres ont passé en revue les derniers développements et les dynamiques en cours dans la région, tout en soulignant l’importance de la poursuite du dialogue et de la diplomatie, ainsi que du renforcement des coopérations constructives entre les pays de la région afin de préserver une stabilité et une sécurité durables et d’empêcher l’émergence ou l’aggravation des tensions.
Service de la diplomatie publique
Ambassade de la République islamique d’Iran en France