11 March 2026
2026/03/10 - 20:13

Communiqué de presse du service de la diplomatie publique de l’Ambassade – N 11

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Le Service de la diplomatie publique de l’Ambassade de la République islamique d’Iran en France souhaite porter à la connaissance de l’opinion publique les éléments d’information suivants, au onzième jour de l’agression militaire américano-israélienne contre l’Iran.

1 – Guerre psychologique et menaces explicites de destruction

  • Dans une nouvelle escalade verbale, le président des États-Unis a déclaré que les forces américaines avaient « déjà détruit tout ce qu’il y avait à détruire » en Iran et averti que les Iraniens « ne devaient pas tenter quoi que ce soit de “malin” (anything cute), sinon ce serait la fin de ce pays » ; il a ajouté que, dans ce cas, « on n’entendrait plus jamais le nom de l’Iran ».
  • Ces propos qui s’inscrivent dans une série de déclarations où le président américain promet de frapper l’Iran « tellement fort » que le pays « ne pourrait jamais se relever », constituent de fait une menace publique d’anéantissement d’un État membre de l’ONU et de son peuple, en contradiction flagrante avec les principes de la Charte de l’ONU et l’interdiction de l’incitation au génocide.
  • Alors que les responsables occidentaux ont multiplié depuis des années les condamnations contre de prétendues menaces iraniennes de « destruction d’Israël », ces appels explicites du président américain à «en finir avec l’Iran» ne suscitent presque aucune réaction politique ni médiatique majeure en Occident, illustrant une fois de plus le double standard et l’impunité dont bénéficient Washington et son allié israélien.

2 – Mensonges sur le massacre de Minab et désinformation

  • Interrogé sur les enquêtes menées par de grands médias internationaux, dont le New York Times, la BBC et d’autres, qui ont authentifié une vidéo montrant un missile de croisière Tomahawk frappant la zone de l’école primaire de Shajarah Tayyebeh à Minab le 28 février, Donald Trump a cherché à diluer sa responsabilité en affirmant que « le Tomahawk est une arme très générique, vendue à d’autres pays, y compris à l’Iran qui aimerait en avoir davantage » et qu’« une enquête est en cours ».
  • Or, les analyses publiées par plusieurs médias internationaux et centres d’expertise en armement confirment que le missile utilisé est un Tomahawk de fabrication américaine, employé dans le conflit actuel uniquement par les forces états-uniennes, ce qui contredit directement les tentatives de la Maison-Blanche de rejeter la responsabilité de ce crime sur l’Iran.
  • Selon les chiffres iraniens cités par ces mêmes médias, l’attaque de Minab qui a provoqué la mort de 170 enfants représente l’attaque la plus meurtrière contre des civils depuis le début de la guerre et, ce massacre présente tous les éléments constitutifs d’un crime de guerre.
  • L’acharnement du président américain à nier l’évidence, en multipliant des affirmations factuellement fausses sur la possession de Tomahawk par l’Iran, alors même que l’Iran est soumis depuis près de 50 ans à un embargo militaire stricte occidental, démontre une fois de plus que le mensonge et la désinformation sont devenus les principaux instruments de communication de Washington dans cette guerre.

3 – Vie quotidienne en Iran et échec de la guerre psychologique

  • Contrairement au récit véhiculé sur certains plateaux de chaînes d’information occidentales selon lequel « la vie aurait été paralysée » en Iran, des reportages de médias étrangers présents sur le terrain, y compris le CNN américain, montrent que la vie quotidienne se poursuit dans l’ensemble du territoire, malgré les bombardements intensifs.
  • Une journaliste de CNN Türk, en reportage à Tabriz, s’est ainsi étonnée « quand on regarde l’Iran, toutes les rues sont pleines de monde alors qu’en Israel les rues sont vides, comment cela se fait-il ? », ce qui illustre l’échec des opérations de guerre psychologique destinées à terroriser la population iranienne.
  • En dépit des menaces et des pressions politiques venues de l’étranger, la majorité des joueuses de l’équipe nationale féminine de football, actuellement engagée en compétition en Australie, ont refusé les tentatives les incitant à demander l’asile et ont confirmé leur retour au pays.

4 – Attaques délibérées contre les civils, le système éducatif, le système de santé et le patrimoine

  • Dans la province de Markazi, l’école Dr Hafezi de la ville de Khomein a été prise pour cible par un bombardement du régime sioniste ; plusieurs maisons situées autour de l’établissement ont été gravement endommagées.
  • Des raids antérieurs avaient déjà visé une autre école, un camp d’élèves, un centre commercial et un bâtiment administratif à Khomein, confirmant une stratégie de ciblage répété d’infrastructures civiles sans valeur militaire.
  • La porte-parole du gouvernement iranien a indiqué que depuis le début de l’agression, 206 femmes et enfants ont été tués, dont 193 enfants de moins de 18 ans ; la plus jeune martyre est une fillette de 8 mois, et la plus jeune blessée une fillette de 4 mois.
  • Selon les bilans provisoires, 52 centres de santé, 29 établissements de soins, 19 unités d’urgence et 16 ambulances ont été pris pour cible ; quatre ambulances et un hélicoptère de secours ont été entièrement détruits, et 11 membres du personnel de santé ont été tués.
  • À Téhéran, des habitations civiles du secteur de Resalat, à l’est de la capitale, ont été frappées, faisant au moins 40 martyrs parmi les civils, dont plusieurs enfants selon des sources locales.
  • Des avions de chasse américains ont attaqué l’aéroport iranien de Sarāvān, près de la frontière pakistanaise, marquant une seconde frappe de Washington contre l’est de l’Iran après l’attaque de Tshābahār le 28 février ; une frappe de drone des forces israélo-américaines contre une maison d’habitation à Arāk a par ailleurs fait 5 morts et 1 blessé.
  • Des bombardements ont été signalés dans plusieurs villes, dont Téhéran, Karadj, Tabriz et Ispahan; dans la seule province du Khouzestan, neuf sportifs de haut niveau sont tombés en martyrs dans les attaques américano-sionistes, dont un footballeur, un champion de taekwondo et d’autres athlètes locaux.
  • À Ispahan, de graves dommages ont été recensés sur plusieurs sites historiques inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO : le Palais d’État safavide et les salles Ashraf et Timuri, le palais Djebeh Khāneh (musée d’art contemporain), le palais Rekib Khāneh (musée des arts décoratifs), le palais-musée Tchéhélsotoun, ainsi que les vitres et fenêtres du palais ‘Ali Qāpou situé sur la place Naqsh-é Djahān.
  • Le jardin du musée Tchéhélsotoun, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, a subi de lourds dégâts ; les décorations en miroirs du porche à colonnes, les salles de peinture, les portes et fenêtres finement ouvragées ont été gravement endommagées, tandis que la structure des colonnes du pavillon principal s’est déplacée de son axe, faisant craindre un risque d’effondrement selon les experts présents sur place.
  • Au total, selon le Croissant-Rouge iranien, 77 centres de traitement et d’urgence ont été touchés depuis le début du conflit ; le porte-parole de l’organisation a rappelé que, tirant les leçons d’une précédente « guerre de douze jours », l’Iran avait renforcé ses stocks médicaux et son dispositif de réponse, permettant aujourd’hui des interventions en moins de quatre minutes à Téhéran grâce à la mobilisation de près de 100 000 volontaires.

5 – Effets économiques mondiaux et bras de fer énergétique

  • L’insécurité croissante dans le détroit d’Ormuz, conséquence directe de la présence des bases américaines dans la région et de l’agression américano-israélienne contre les infrastructures énergétiques iraniennes, continue de provoquer une hausse marquée des prix du pétrole et du carburant au niveau mondial, y compris aux États-Unis.
  • Face à la flambée des prix, le président américain a annoncé la suspension temporaire de certaines sanctions pétrolières contre des pays tiers afin de tenter de faire baisser les cours, ce qui revient à reconnaître l’impact majeur du conflit sur le marché mondial de l’énergie.
  • Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a annoncé que tout pays arabe ou européen qui expulserait de son territoire les ambassadeurs des États-Unis et d’Israël bénéficierait d’une liberté de passage totale et sécurisé pour ses navires à travers le détroit d’Ormuz.
  • Selon l’agence Reuters et des médias économiques, plusieurs compagnies aériennes ont commencé à augmenter le prix des billets en raison de la hausse du coût du carburant, confirmant que cette guerre imposée à l’Iran se traduit d’ores et déjà par un renchérissement du transport aérien et des biens de consommation.

6 – Tentatives diplomatiques et conditions iraniennes

  • Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a indiqué que plusieurs pays, dont la Chine, la Russie et la France, ont pris contact avec Téhéran pour évoquer les contours possibles d’un cessez-le-feu.
  • L’Iran a rappelé que sa première condition pour toute trêve est l’arrêt complet et garanti des agressions américano-israéliennes et l’engagement que ces attaques ne se répéteront pas.
  • Le Kremlin a fait savoir que le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec Donald Trump, un appel consacré à la fois à la guerre en Iran et aux discussions sur l’Ukraine ; Moscou affirme avoir présenté plusieurs propositions visant à une solution politique rapide du conflit autour de l’Iran.

7 – Réponse militaire iranienne et démonstration de capacités

  • La défense aérienne iranienne a annoncé avoir abattu un drone de type Hermes‑900 appartenant au régime sioniste au-dessus de Boroudjerd, dans la province du Lorestān.
  • Le quartier général de l’armée américaine sur la base d’al‑Harir, dans la région du Kurdistan irakien, a été visé par cinq missiles, tandis que des médias régionaux signalent plusieurs explosions dans des bases américaines au Koweït et en Arabie saoudite.
  • L’Iran a indiqué avoir lancé de nouveaux missiles dotés d’ogives d’une tonne contre des cibles militaires, et des drones iraniens ont frappé des installations pétrolières et gazières ainsi que des dépôts de carburant dans la région de Haïfa, en Israël, en représailles aux attaques israéliennes, y compris contre les réserves pétrolières.
  • Des missiles iraniens ont détruit un centre de communication par satellite au sud de Tel Aviv, perturbant les capacités de commandement et de transmission des forces israéliennes.

8 – Position des autorités iraniennes : détermination et refus de la reddition

  • Dans une interview exclusive accordée à CNN à Téhéran le 9 mars, Kamal Kharazi, président du Conseil stratégique des relations extérieures, a déclaré qu’« il n’y a plus de place pour la diplomatie » avec Washington à court terme, accusant Donald Trump de duplicité lors de négociations passées et affirmant que la guerre ne s’achèverait que sous l’effet d’une pression économique massive sur les pays soutenant l’agression.
  • M. Kharazi a indiqué que l’Iran est prêt à prolonger le conflit et à poursuivre ses attaques afin de faire pleinement apparaître le coût économique d’une guerre injuste contre l’Iran, notamment par l’envolée des prix du pétrole et les perturbations persistantes dans le détroit d’Ormuz.
  • Il a souligné que, selon les autorités militaires iraniennes, seule une fraction de la puissance de feu de l’Iran a été engagée jusqu’à présent, et que le pays reste déterminé à défendre sa souveraineté jusqu’à la fin de l’agression.
  • Le porte-parole du CGRI, a accusé le président américain de mentir pour masquer les échecs de l’armée américaine, affirmant que des navires et avions américains ont dû se retirer à plus de 1000 kilomètres pour éviter les missiles iraniens, et que de nombreux soldats ont quitté leurs bases pour se réfugier dans des hôtels à travers la région.
  • Il a précisé que les missiles iraniens disposent désormais d’ogives de plus d’une tonne, que les sirènes retentissent sans cesse dans de nombreuses villes israéliennes et que l’Iran ne permettra l’exportation d’aucun litre de pétrole vers les parties hostiles tant que l’agression se poursuivra : « La sécurité sera pour tout le monde, ou elle ne sera pour personne. C’est nous qui déciderons de la fin de la guerre. »
  • Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré : « Nous ne cherchons absolument pas un cessez-le-feu. Nous pensons que l’agresseur doit être durement frappé afin qu’il apprenne sa leçon et ne pense plus jamais à attaquer l’Iran bien-aimé », ajoutant que l’Iran entend briser le cycle imposé par le régime sioniste : « guerre – négociation – cessez-le-feu – guerre à nouveau ».

9 – Mobilisation populaire et résilience de la société iranienne

  • À Téhéran, une véritable marée humaine s’est formée dans les rues depuis hier matin en soutien au nouveau Guide de la Révolution islamique, l’ayatollah Seyyed Mojtaba Hosseini Khamenei, élu par l’Assemblée des Experts et considéré par de nombreux Iraniens comme l’incarnation d’un double sacrifice personnel et national.
  • Dans plusieurs grandes villes – dont Mashhad, Qom, Ispahan, Tabriz et dans la province du Khouzestan – des cortèges massifs ont exprimé leur solidarité avec les forces armées et leur disponibilité à défendre le pays, y compris dans des zones ayant subi des bombardements répétés.
  • Ces mobilisations, qui se poursuivent au onzième jour du conflit, témoignent de la résilience de la société iranienne face à une guerre totale militaire, économique et informationnelle, et démentent les tentatives de présenter le peuple iranien comme résigné ou hostile à la défense de son propre territoire.

 

Service de la diplomatie publique
Ambassade de la République islamique d’Iran - Paris

10 Mars 2026

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