Communiqué de presse du service de la diplomatie publique de l’Ambassade – N 6
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Le Service de la diplomatie publique de l’Ambassade de la République islamique d’Iran en France souhaite apporter les éléments d’information suivants :
1 – Nouvelle étape dans l’escalade : torpillage de la frégate iranienne Dena
Au sixième jour de l’agression militaire américano-israélienne contre l’Iran, une nouvelle étape particulièrement grave a été franchie avec le torpillage et le naufrage de la frégate iranienne Dena par les forces navales américaines. Cette frégate, invitée officielle de la Marine indienne, transportait près de 130 marins lorsqu’elle a été frappée sans aucun avertissement préalable, à plus de 2000 milles des côtes iraniennes, en haute mer et en totale violation du droit international provoquant la mort d’au moins 87 marins iraniens. Il s’agit non seulement d’une atrocité mais également une nouvelle étape franchie dans l’escalade extrêmement dangereuse, qui étend le théâtre de la guerre bien au-delà des côtes iraniennes et met en cause la sécurité de la navigation internationale, y compris lorsqu’elle s’effectue dans un cadre de coopération navale avec des pays tiers.
2 – Poursuite des attaques aveugles contre des civils et bilan humanitaire actualisé
Les bombardements aveugles contre les populations civiles iraniennes se poursuivent et s’intensifient sur l’ensemble du territoire. Selon les données consolidées du Croissant Rouge iranien, rendues publiques ces dernières heures, les forces américano-israéliennes ont mené au moins 1 332 attaques distinctes dans 636 points répartis dans 174 villes du pays, dont 105 sites et centres strictement civils. Parmi ces 105 cibles civiles sévèrement touchées figurent notamment :
- 14 centres médicaux et pharmaceutiques (hôpitaux, cliniques, centres de transfusion sanguine, établissements spécialisés) ;
- 7 succursales et bases opérationnelles du Croissant Rouge iranien (dont des entrepôts logistiques et centres de rééducation) ;
- de nombreux équipements de secours, dont plusieurs ambulances et véhicules d’intervention, désormais hors d’usage.
À ce stade, les attaques ont frappé des zones d’habitation densément peuplées dans les provinces d’Azerbaïdjan occidental, du Kurdistan, de Kermanshah, de Hamedan, du Fars, de Boushehr, de Téhéran et dans plusieurs autres régions, entraînant la destruction partielle ou totale de quartiers résidentiels.
Plus de 6 000 blessés ont déjà été pris en charge par les structures hospitalières, et près de 2 500 d’entre eux restent actuellement hospitalisés. Le nombre de personnes tombées en martyr à la suite des attaques américano-israéliennes, inhumées à ce jour, s’élève déjà à plus de 1200 civils, ce chiffre étant appelé à augmenter avec la poursuite des opérations de déblaiement et l’identification des corps.
Le Croissant Rouge souligne que, malgré l’ampleur des destructions, 1 748 équipes spécialisées d’urgence, de sauvetage et de recherche, mobilisant 6 370 secouristes et 1 479 véhicules d’intervention, demeurent déployées sans interruption afin d’assurer les évacuations, l’hébergement d’urgence, le soutien psychologique et la prise en charge médicale des sinistrés.
3 – Exemples récents d’attaques délibérées contre des cibles civiles
Les informations recueillies au niveau national témoignent d’une stratégie criminelle visant à frapper de manière délibérée et massivement des infrastructures et des lieux à vocation exclusivement civile, souvent en plusieurs vagues afin de maximiser le nombre de victimes.
Parmi les attaques les plus récentes et les plus graves, on peut citer :
- La ville de Boukan (province d’Azerbaïdjan occidental), où le bâtiment de la préfecture, situé sur un axe urbain majeur entouré de zones commerciales et résidentielles, a été frappé à deux reprises, la seconde salve intervenant après le rassemblement spontané de nombreux citoyens, provoquant un nombre très élevé de morts, de blessés graves et de personnes amputées parmi les femmes, les jeunes et les enfants.
- Plusieurs localités de la province de l’Azerbaïdjan occidental où, selon les autorités sanitaires locales, au moins 49 personnes ont été tuées et 275 autres blessées lors des raids aériens successifs américano-israéliens.
- Des attaques répétées contre des infrastructures routières civiles en province de Lorestan, dont l’autoroute Khorram Abad – Boroujerd, où un tunnel autoroutier a été touché, endommageant gravement l’ouvrage et blessant des passagers d’un bus circulant sur un axe parallèle.
- À Téhéran, les frappes ont visé des quartiers résidentiels, des équipements sportifs (notamment un stade de quartier et la grande salle omnisports d’une capacité de 12 000 places au sein du complexe Azadi) ainsi que des rues densément peuplées, provoquant d’importants dégâts matériels et un nombre encore indéterminé de victimes.
- Dans d’autres villes – telles que Lamerd, Malayer, Bahar, Parand, Kish ou encore plusieurs communes de la province de Hamedan – des complexes d’habitation, des écoles (dont une école primaire de jeunes filles et deux établissements scolaires à Parand), des parkings de poids lourds, des salles de réception et des ateliers industriels ont été délibérément ciblés.
Les plus jeunes martyrs recensés dans ces attaques comptent des nourrissons âgés d’à peine un an, tandis que les plus âgés avaient plus de 70 ans, illustrant le caractère totalement indiscriminé de ces bombardements.
En Iran, plus de 300 enfants et adolescents de moins de 18 ans seraient aujourd’hui hospitalisés à la suite des frappes américano-israéliennes, certains dans un état critique, ce qui soulève de graves questions quant au respect des obligations internationales des États agresseurs en matière de protection des mineurs en temps de conflit armé.
4 – Tension accrue autour du détroit d’Ormuz et statut des bases étrangères
Conformément au droit international et aux usages en période de conflit armé, la réglementation du passage dans le détroit d’Ormuz relève de la responsabilité de la République islamique d’Iran en temps de guerre. Les autorités iraniennes ont indiqué que les navires militaires, de commerce ou autres appartenant aux États Unis, au régime israélien, à certains pays européens ou aux États qui participent directement à l’agression contre l’Iran ne sont pas autorisés à franchir ce détroit.
Par ailleurs conformément aux principes du droit des conflits armés, toutes les bases militaires dans la région à partir desquelles des avions ou moyens logistiques américains sont engagés dans l’agression actuelle contre l’Iran constituent des objectifs légitimes de représailles.
5 – Poursuite de la guerre de l’information et démentis officiels
En parallèle à l’offensive militaire, une vaste campagne de désinformation, orchestrée par l’Israël et certains centres de pouvoir à Washington et relayée par des réseaux médiatiques et des comptes sur les réseaux sociaux, continue d’accompagner les bombardements. Cette campagne vise à semer la panique au sein de la population iranienne et créer un climat d’insécurité artificielle dans certaines provinces frontalières.
Plusieurs intoxications majeures diffusées ces dernières heures ont été formellement démenties :
- Le gouvernement régional du Kurdistan irakien a confirmé qu’aucun «combattant» n’avait franchi la frontière pour mener une prétendue offensive terrestre contre l’Iran, démentant ainsi des informations relayées par certains médias américains.
- Des groupes kurdes d’opposition (dont des formations basées au Kurdistan irakien) ont eux-mêmes rejeté comme « totalement fausses » les rumeurs de déploiement de leurs combattants à l’intérieur du territoire iranien.
- Les autorités locales de plusieurs provinces iraniennes frontalières, notamment à l’ouest et au sud-est du pays, ont démenti les rumeurs d’évacuation massifs, précisant qu’aucune instruction officielle n’avait été donnée en ce sens.
- Par ailleurs, un article paru dans un grand quotidien occidental, prétendant que des responsables du ministère iranien des Renseignements auraient fait savoir à la CIA leur «disponibilité à négocier pour mettre fin à la guerre», a été catégoriquement qualifié de mensonger et de pur outil de guerre psychologique. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que la République islamique d’Iran, qui exerce en ce moment même son droit légitime à la défense, n’a envoyé aucun message aux autorités américaines et n’en a reçu aucun, et que la priorité absolue de Téhéran demeure la protection de sa population et de sa souveraineté.
- Enfin, les rumeurs propagées par des médias hostiles et certains comptes anonymes faisant état de tirs de missiles ennemis contre la ville de Zahedan ou d’autres agglomérations du sud-est du pays ont été totalement démenties par des inspections de terrain et des sources locales indépendantes.
Les autorités iraniennes appellent les médias et l’opinion publique internationale à faire preuve de responsabilité et à ne se fier qu’aux informations émanant de sources officielles ou dûment vérifiées.
6 – Processus constitutionnel de désignation du nouveau Guide et continuité des institutions
Malgré les bombardements qui ont visé un bâtiment annexe du Secrétariat de l’Assemblée des experts à Qom, faisant plusieurs martyrs parmi les employés de cette institution, le processus de désignation du nouveau Guide de la Révolution se poursuit strictement dans le cadre des dispositions de la Constitution.
L’Assemblée des experts – composée de docteurs en religion élus au suffrage universel direct pour un mandat de huit ans – a continué ses travaux, y compris en ayant recours à des moyens de communication sécurisés, afin de garantir la permanence de la plus haute autorité de l’État conformément à l’article 111 de la Constitution. Les spéculations diffusées sur certains réseaux sociaux au sujet d’un prétendu « retard » dans ce processus ou d’irrégularités dans la procédure de vote sont infondées et dépourvues de toute base juridique.
Le Secrétariat de l’Assemblée a rappelé que, jusqu’à l’annonce officielle, toute information relative au calendrier et aux modalités de la désignation du nouveau Guide ne peut provenir que de la Présidence et du Bureau de l’Assemblée des experts, seules sources habilitées à cet égard.
Parallèlement, le Conseil de direction provisoire prévu par la Constitution en cas de vacance de la fonction de Guide exerce ses responsabilités dans le strict respect du cadre juridique national, sans limitation de durée.
En dépit des efforts américano-israéliens pour atteindre les plus hautes institutions de la République islamique, la continuité de l’État iranien et le fonctionnement de ses organes constitutionnels sont pleinement assurés.
7 – Mobilisation populaire et activité diplomatique intense
Pour la sixième nuit consécutive, les grandes villes d’Iran – de Téhéran à Mashhad, d’Ispahan à Shiraz, de Tabriz à Bandar Abbas, ainsi que de nombreuses villes moyennes telles que Broudjerd, Yasouj, Qom, Sari, Babol ou Mahshahr – ont vu affluer des foules importantes de citoyens descendus dans les rues pour manifester leur soutien aux forces armées et leur attachement à l’indépendance, à la souveraineté et aux valeurs iraniennes. Ces rassemblements pacifiques, organisés parfois quelques heures seulement après de violents bombardements, démontrent la résilience remarquable de la société iranienne et sa détermination à ne pas céder à la terreur.
Sur le plan diplomatique, le ministre iranien des Affaires étrangères a multiplié les contacts avec les dirigeants et responsables de la région et au-delà. Il s’est notamment entretenu avec le président de la Région du Kurdistan irakien, M. Nechirvan Barzani, avec le dirigeant de l’Union patriotique du Kurdistan, M. Bafel Talabani, et avec le Premier ministre irakien, M. Mohammed Shia al Sudani, qui ont chacun présenté leurs condoléances au peuple iranien à la suite du martyre du Guide de la Révolution.
Le chef de la diplomatie iranienne a également eu des échanges avec ses homologues turc, français, qatari et d’autres pays, afin de les informer de l’évolution de la situation sur le terrain, de mettre en garde contre les risques d’embrasement régional et de réaffirmer la volonté de l’Iran de défendre, dans le cadre du droit international, sa sécurité et celle de son peuple.
L’Iran souligne qu’il n’a aucune hostilité envers les peuples et les nations de la région et qu’il considère la sécurité régionale comme un bien commun, que tous doivent s’employer à préserver.
8 – Réponse à la rhétorique belliciste américaine
Alors que le secrétaire à la Défense des États Unis se vante publiquement de la « suprématie aérienne » américano-israélienne et affirme que les dirigeants iraniens ne verraient « dans le ciel que la puissance aérienne américaine et israélienne, chaque minute de chaque jour, aussi longtemps que Washington l’aura décidé » (« Iranian leaders will look up and only see U.S. and Israeli airpower, every minute of every day until we decide that it’s over »), cette rhétorique de domination militaire ne change rien à la réalité stratégique de la région.
Les forces armées iraniennes ont déjà démontré leur capacité à frapper des bases, des infrastructures militaires et des navires des agresseurs bien au-delà des frontières immédiates de l’Iran, et elles poursuivent leurs opérations de riposte ciblée dans le cadre du droit légitime à la défense.
L’Iran réaffirme qu’il ne cherche ni l’escalade pour elle-même ni l’extension du conflit, mais qu’il ne restera pas sans réponse face à une agression illégale qui cible de manière systématique sa population civile et ses infrastructures vitales.
Service de la diplomatie publique
Ambassade de la République islamique d’Iran - Paris
5 Mars 2026