1 April 2026
2026/03/14 - 21:08
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Communiqué de presse du service de la diplomatie publique de l’Ambassade – N 15

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Au 15ème jour d’une agression militaire illégale et illégitime au regard des lois et normes internationales, sans déclaration préalable de guerre et sans aucune justification autre que le soif de destruction du président américain et du premier-ministre israélien qui en deux semaines ont tué plusieurs milliers de civils innocents iraniens, le Service de la diplomatie publique de l’Ambassade de la République islamique d’Iran en France souhaite porter à la connaissance des médias et de l’opinion publique les éléments suivants :

1- Dernières prises de position des autorités iraniennes

  • Ali Larijani, Secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, sur X (Twitter), répondant à Pete Hegseth, Secrétaire de la guerre des États-Unis, en faisant référence au président iranien et aux autres dirigeants présents hier à la marche à l’occasion de la Journée internationale d’Al-Qods dans les rues de Téhéran : « Monsieur Hegseth, nos dirigeants, au fil des années, ont toujours été et restent parmi le peuple. Les vôtres, en revanche ? Sur l’île de Jeffrey Epstein ! ».
  • Abbas Araghchi, le ministre des Affaires étrangères, a déclaré qu’il avait participé « avec fierté et honneur » à la marche de la Journée de Qods aux côtés du peuple iranien « fort et résilient ». Il a affirmé que les Iraniens resteront toujours fermes et «ne plieront jamais face aux attaques lâches».

2- Guerre psychologique et menaces explicites de destruction

  • Dans une nouvelle escalade verbale, le président des États-Unis a déclaré dans une interview à Fox News, que les États‑Unis allaient « frapper l’Iran très durement au cours de la semaine à venir ».
  • L’équipe nationale féminine de football d’Iran qui se trouvait en Australie dans le cadre de la « Coupe d’Asie 2026 » a été l’objet d’une intense campagne politico‑médiatique, et l’Australie a été encouragée publiquement par le président américain, pour pousser les joueuses à rompre avec leur pays et demander l’asile. Sur les cinq membres de l’équipe ayant obtenu l’asile de la part des autorités australiennes, plusieurs ont finalement choisi de renoncer à cette perspective et de revenir en Iran, dont Mohaddeseh Zolfi, Mona Hamoudi, Zahra Sarbali et Zahra Meshkinkar, décision saluée à Téhéran comme un signe de patriotisme et de courage face aux tentatives d’instrumentalisation politique de leur situation.

3- Attaques délibérées contre les civils et les infrastructures iraniennes

  • Dernières statistiques publiées par le ministère de la Santé iranien :
  • femmes blessées : 2 729 ; femmes martyrs : 223 ;
  • blessés de moins de 18 ans : 1 190
  • centres de santé endommagés : 152 ; hôpitaux évacués : 6 ; ambulances endommagées : 32
  • martyrs de moins de 18 ans : 202
  • enfants de moins de 5 ans martyrs : 12 ; enfants de moins de 2 ans blessés : 41 ;
  • Selon la porte-parole du gouvernement, au cours des 2 semaines de l’agression militaire israélo-américaine, au moins 120 écoles ont été gravement endommagées, et le nombre cumulé des enseignants et élèves tués s’élève désormais à 206 personnes.
  • Le ministère du Patrimoine culturel indique qu’au moins 56 musées, monuments historiques et sites culturels dans plusieurs provinces ont été touchés par les frappes américaines et israéliennes et ont subi des dégâts structurels importants. La province de Téhéran arrive en tête avec 19 sites endommagés, tandis qu’environ 12 monuments majeurs ont été affectés dans la province du Kurdistan.
  • Les autorités ont également que la tour Azadi à Téhéran, symbole fort du patrimoine et de l’espace public iranien, a subi des dommages lors des attaques israélo-américaines.
  • Selon les autorités locales, l’un des entrepôts stockant des médicaments pour patients, y compris ceux atteints de maladies graves, ainsi que du lait infantile dans la ville de Hamedan a été gravement touché par des frappes de missiles des agresseurs. Les responsables provinciaux ont toutefois assuré la population qu’un stock de sécurité d’environ six mois en médicaments et lait infantile reste disponible dans la province et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’une pénurie immédiate.
  • Selon le vice-gouverneur du port de Bouchehr, l’île de Kharg a de nouveau été visée par de lourdes frappes aériennes américaine, ce samedi, au cours desquelles différents objectifs (base navale, installations aéroportuaires, …) ont été ciblés. Malgré cette attaque, la situation générale sur l’île est décrite comme calme, la vie quotidienne et les activités des habitants se poursuivant dans l’ordre et la sécurité. Les exportations de pétrole depuis le terminal de Kharg se poursuivent normalement et les activités des compagnies installées sur l’île se déroulent sans interruption. De plus, selon les rapports disponibles, aucune perte humaine n’est à déplorer parmi les forces militaires, le personnel des entreprises pétrolières et les résidents.

A noter que durant la guerre Iran‑Irak, ce terminal avait déjà subi près de 2000 bombardements sans interruption des exportations, qui s’étaient maintenues en moyenne autour de 1,5 million de barils par jour. Cette attaque américaine ne sera jamais que le 2001ème attaque !

  • Le gouverneur de Qeshm a indiqué que, dans le prolongement des frappes visant des infrastructures civiles, les quais passagers, touristiques et de pêche de Shibderaz et Kandalou, dans le district de Shahab, ont été touchés par des missiles américaino‑israéliens, alors qu’ils étaient exclusivement dédiés aux activités de loisirs et à la pêche et jouent un rôle important dans l’économie locale. Il a dénoncé des attaques « vindicatives » contre des cibles strictement civiles, accusant l’ennemi de viser directement la population et ses moyens de subsistance, en contradiction avec ses déclarations officielles sur l’absence d’attaques contre des civils.
  • Les attaques des forces israélo-américaines contre un quartier résidentiel à Arak, dans le centre de l’Iran, ont fait de nombreuses victimes.
  • Une série de frappes contre Téhéran depuis ce matin a provoqué des coupures d’électricité dans certains quartiers du sud de Téhéran, notamment dans la ville de Rey. 
  • Dans le quartier de Javadiyeh, au sud de Téhéran, des immeubles d’habitations ont été touchés par une frappe aérienne, et des équipes du Croissant‑Rouge ont immédiatement été mobilisées pour porter secours aux blessés sur place et les sortir des décombres.
  • Parallèlement, une forte explosion a été signalée aux abords de la place Ferdowsi, au centre de la capitale, accompagnée d’un important dégagement de fumée visible depuis les environs
  • Le directeur général de la gestion de crise de la province d’Azerbaïdjan oriental a indiqué qu’une unité industrielle privée à l’ouest de Tabriz, une autre unité de production dans la zone d’Akhula ainsi que des points situés autour de la ville ont été touchés lors des frappes de ce matin. Selon le dernier bilan des services de secours, cinq personnes ont été blessées et aucun décès n’a été signalé, tandis que les équipes de secours et les autorités compétentes poursuivent l’évaluation des dommages et la prise en charge des victimes.
  • Selon les autorités de la province de Kerman, des missiles ennemis ont frappé ce matin trois points dans la région, dont deux sites dans la ville de Sirjan et un site à Rafsanjan. Les services de secours et de sécurité indiquent que la situation est « sous contrôle », les opérations d’extinction des incendies et d’évaluation des dégâts étant en cours, et des précisions sur l’ampleur des dommages doivent être communiquées ultérieurement.

4- Représailles militaires iraniennes

  • Selon le dernier bilan communiqué par les autorités militaires iraniennes, deux drones MQ‑9 ont été abattus dans les régions de Firouzabad et Bandar Abbas, ainsi qu’un autre aéronef dans le ciel de Tabriz, portant à 113 le nombre total de drones de combat, de reconnaissance et suicides détruits depuis le début du conflit. Elles indiquent que ces interceptions s’inscrivent dans les 45ᵉ et 46ᵉ vagues de l’« opération Promesse véridique 4 », qui ont combiné tirs de missiles balistiques «Kheibar Shekan» et frappes de drones contre des infrastructures militaires israéliennes dans le nord d’Israël ainsi que contre des sites de présence américaine dans la région, puis, dans un second temps, des lieux de résidence et de réunion de commandants israéliens et américains en Israël et dans la région.
  • Selon l’annonce de l’armée des Gardiens de la révolution (CGRI), à l’aube, la Force navale des Gardiens a mené une nouvelle vague de l’« opération Promesse véridique 4 », frappant en trois salves successives plusieurs bases américaines dans la région par des missiles balistiques de précision et des drones armés. Selon ce communiqué, des radars Patriot, la tour de contrôle et des infrastructures de défense aérienne et une base d’hélicoptères auraient été touchés, notamment des hangars, rampes centrales et dépôts de carburant. D’après ce communiqué le détroit d’Ormuz est « sous contrôle total » de la marine des Gardiens et que le passage des pétroliers et navires commerciaux des « puissances agressives et de leurs alliés » y est interdit.
  • Selon un communiqué de l’armée iranienne, lors de la dernière vague de frappes, des drones «Arash‑2» ont visé un centre de renseignement du régime israélien, présenté comme l’une des principales infrastructures de collecte et de traitement de données de ce dernier.
  • Selon le porte‑parole du quartier général central des forces armées iraniennes, les forces américaines ont tiré des missiles sur l’île iranienne de Abou -Moussa à partir de ports, quais et «cachettes » militaires situés dans certaines villes de l’un des pays de la région. Il a déclaré que l’Iran considère comme son droit légitime, pour défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale, de frapper les points de départ de ces tirs – en particulier les installations portuaires, les quais et les positions abritant des militaires américains – et a appelé la population à s’éloigner de ces zones.
  • Selon, le Wall Street Journal « Cinq avions de ravitaillement américains ont été lourdement endommagés lors d’une attaque iranienne contre la base aérienne américaine en Arabie saoudite ».

5- Rapatriements des corps des marins iraniens assassinés par les forces américaines

Les autorités sri‑lankaises ont engagé le rapatriement vers l’Iran des corps de 84 marins du bâtiment « IRIS Dena », coulé le 4 mars par une torpille tirée par un sous‑marin américain alors que cette frégate composée en partie de jeunes marins et officiers en formation regagnait l’Iran en eaux internationales à environ 40 kilomètres au large de la côte sud du Sri Lanka, après sa participation à l’“International Fleet Review 2026” et aux exercices navals multinationaux MILAN organisés par l’Inde. Selon les informations disponibles, les opérations de recherche et de secours ont été assurées par la marine et les garde‑côtes sri‑lankais, sans que le sous‑marin américain auteur du tir apporte assistance aux victimes, ce qui soulève des interrogations sérieuses au regard des règles humanitaires en mer, qui imposent de porter assistance aux naufragés, y compris « adverse ».

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la jurisprudence issue de plusieurs affaires impliquant des commandants de sous‑marins allemands a consolidé l’idée que le fait de viser délibérément des naufragés ou de s’abstenir volontairement de tout secours, sans justification militaire, peut relever du crime de guerre, au même titre que d’autres violations graves du droit des conflits armés.

C’est à la lumière de cette évolution du droit international que les propos de Donald Trump ont choqué les opinions publiques : le président américain a rapporté qu’un général lui aurait expliqué qu’il était « plus amusant » de couler les navires iraniens plutôt que de les capturer (« Sir, it’s more fun to sink them »), déclarations perçues comme la banalisation cynique de la mort de dizaines de marins que l’Iran honore aujourd’hui comme des martyrs alors qu’une soixantaine de leurs compagnons d’armes sont toujours portés disparus en mer.

6- Effets économiques mondiaux

Le marché pétrolier reste extrêmement tendu : le Brent a clôturé vendredi aux environs de 104 $ le baril, après une hausse de près de 45 à 50% en un mois. Le pétrole omanais pour livraison en mai 2026 a, lui, atteint environ 135 $ le baril, illustrant la flambée des prix dans le Golfe persique et la prime de risque intégrée par les marchés. Dans ce contexte, l’annonce par les pays du G7, avec l’Agence internationale de l’énergie, de la mise à disposition d’environ 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques, dont près de 172 millions en provenance des États‑Unis, soit la plus importante opération coordonnée de ce type depuis la création de ces stocks, n’a pas entraîné de détente durable des cours, les opérateurs considérant qu’il s’agit d’un instrument d’amortissement temporaire plutôt que d’une réponse structurelle à un choc d’offre potentiellement prolongé.

Le marché du gaz en Europe est lui aussi sous pression : le contrat de référence TTF a bondi ces derniers jours jusqu’à environ 70 € /MWh, soit une hausse de l’ordre de 30 à 50% par rapport aux niveaux qui prévalaient avant l’agression américano-israélienne contre l’Iran et les perturbations du GNL, notamment en provenance du Qatar.

Cette combinaison d’un pétrole et d’un gaz durablement plus chers alimente l’inquiétude des pays importateurs, pour lesquels la facture énergétique et les risques d’inflation restent au cœur des préoccupations, même si la fermeture des marchés pendant le week‑end suspend temporairement les mouvements de prix sans dissiper les incertitudes.

Le Financial Times estime que les pays du Golfe persique ont perdu environ 15 milliards de dollars de recettes énergétiques depuis le début de la guerre, en raison notamment de la quasi‑paralysie du détroit d’Ormuz et du blocage de nombreux cargos de pétrole et de GNL.

7- Tentatives diplomatiques

- Selon le ministre turc des Transports et des Infrastructures, M. Abdulkadir Uraloğlu, la Turquie dispose actuellement d’une quinzaine de navires en attente de traversée dans la zone concernée. Il a indiqué qu’un premier navire battant pavillon turc a pu franchir le détroit avec l’autorisation des autorités iraniennes, dans la mesure où ce navire faisait escale dans un port iranien.

8- Présence continue et inlassable du peuple en soutien aux institutions et aux forces armées

  • La population a rendu un dernier hommage au ministre de la Défense, le général de brigade Aziz Nasirzadeh, tombé en martyr lors de l'agression américano-israélienne à Téhéran. Par ailleurs, les funérailles du général martyr Mohammad Pakpour, commandant en chef de l’IRGC, ont eu lieu dans le village de Dehsad Khondab, et il a été enterré aux côtés de son frère martyr, Reza Pakpour.
  • Les Iraniens ont décoré avec des fleurs, l'endroit où une femme est tombée en martyre par une frappe aérienne israélienne lors des rassemblements de la Journée de Qods à Téhéran.
  • Dans la province de Mazandéran (au bord de la mer Caspienne), les habitants ont fait entendre avec force leur aspiration à la liberté à l’occasion de la marche de la Journée de Qods, réaffirmant leur solidarité avec le peuple palestinien et leur rejet de l’occupation et de l’injustice. 

Photo: Un vieil homme patiente devant les décombres de son immeuble, en attendant que soient sorties et identifiés les corps de ses proches.

Service de la diplomatie publique

Ambassade de la République islamique d’Iran – Paris

14 mars 2026

 

 

 

 

 

 

 

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