Lors d'un entretien avec Omerta, Mohammad Amin-Nejad, ambassadeur de la République islamique d’Iran en France, a déclaré en évoquant le processus des négociations nucléaires avant le début des affrontements : « En juin 2025, après cinq cycles de négociations et à la veille du sixième, l’Iran a été la cible d’une attaque des États-Unis et du régime israélien. Ce schéma s’est répété après la reprise des négociations en 2026, ce qui montre que la décision d’engager une action militaire avait été prise à l’avance. » Il a ajouté que la déstabilisation et la modification de la géographie de l’Iran figuraient à l’agenda des agresseurs, mais que la société et le grand peuple iranien ont fait bloc et résisté avec détermination à cette agression.
Soulignant que l’Iran n’a pas initié la guerre, il a qualifié cette attaque d’« illégale et illégitime » et a insisté sur le fait que l'Iran a répondu à l’agression dans le cadre du droit à la légitime défense. Les forces armées du pays ont réagi dès les premières heures et cette réponse se poursuivra jusqu’à l’arrêt définitive des attaques.
Évoquant les capacités défensives de l’Iran, Aminejad a présenté les missiles et les drones comme des instruments de dissuasion, précisant qu’ils n’ont été utilisés qu’en réponse à l’agression et que l’Iran n’a jamais délibérément ciblé des civils.
Il a toutefois dénoncé l’ampleur des conséquences humaines des attaques récentes : la mort d’un nombre important de commandants, de responsables et de citoyens civils, ainsi que le ciblage d’infrastructures telles que des écoles, des hôpitaux et des établissements publiques. Dans un cas, une école a été bombardée, faisant 171 enfants parmi les victimes, ce qui constitue, selon lui, la preuve du caractère «indiscriminé et terroriste» des attaques américano-sionistes et d’une « violation flagrante des principes humanitaires et du droit international ».
Il a également condamné les informations mensongères diffusées par certains médias concernant la prétendue dissimulation du Guide suprême, rappelant que sa résidence avait été ciblée et qu’il avait été tué avec des membres de sa famille.
Dans une autre partie de l’entretien, l’ambassadeur a affirmé que l’Iran n’a ni l’intention, ni la volonté, ni l’intérêt d’étendre la guerre aux pays voisins. Il a précisé que ce sont les bases américaines présentes dans ces pays qui participent aux attaques et qui sont considérées comme des cibles légitimes du point de vue iranien, ce qui a été annoncé précédemment aux auitorités de ces pays ainsi que les organisations internationales. Il a ajouté que l’histoire, ainsi que les principes et valeurs communs entre l’Iran et les pays musulmans, arabes et non arabes de la région, font que les peuples de cette région sont considérés comme des frères et des sœurs, et que la situation actuelle résulte uniquement de la présence et de l’agression des États-Unis et d’Israël.
Amin-Nejad a également évoqué le rôle des sanctions économiques «injustes» dans les troubles internes, affirmant que ces sanctions, en exerçant une pression sur les conditions de vie des populations, les privent de leur droit naturel au développement et rendent les protestations inévitables. Il a rejeté les chiffres évoquant des dizaines de milliers de victimes lors des manifestations de janvier, les qualifiant de récits sans fondement relayés par des services de renseignement étrangers, dont l’implication dans les troubles aurait été clairement observée. Il a dénoncé ce qu’il a qualifié de « campagne médiatique visant à déformer la réalité », estimant que ces narrations visaient à préparer l’opinion publique à justifier des actions hostiles contre l’Iran.
L’ambassadeur a en outre réagi aux positions évoquant un « changement de régime » en Iran, affirmant que la détermination du système politique ou des dirigeants d’un pays par des puissances étrangères constitue une violation flagrante du droit international, et que le peuple iranien décide lui-même de son destin. Rappelant les antécédents d’ingérences américaines en Iran, notamment le coup d’État de 1953 contre le gouvernement de Mossadegh, il a souligné que la Révolution islamique est le fruit de la volonté du peuple iranien de conquérir son indépendance et de prendre en main son destin.
Sur le dossier nucléaire, il a réaffirmé l’adhésion et l’engagement de l’Iran au Traité de non-prolifération (TNP), précisant que l’arme nucléaire n’a pas de place dans la doctrine de défense du pays. Il a toutefois insisté sur le fait que le gouvernement et le peuple iraniens ont toujours été favorables au dialogue et à l’interaction, et que, dans le cas présent, comme cela a été annoncé, un retour aux négociations est envisageable à condition que les attaques cessent, que des garanties soient apportées pour empêcher leur répétition et que les dommages subis par l'Iran soient réparés.