Le Service de la diplomatie publique de l’Ambassade de la République islamique d’Iran en France souhaite porter à la connaissance de l’opinion publique les éléments d’information suivants, au dixième jour de l’agression militaire américano-israélienne contre l’Iran.
1– Choc pétrolier et risques de récession mondiale
L’escalade de l’agression contre l’Iran a déclenché une flambée sans précédent des prix de l’énergie, avec un baril de Brent qui a dépassé le seuil des 110 dollars en Asie, après avoir brièvement bondi jusqu’à environ 116–118 dollars, soit des hausses supérieures à 25% en une seule séance et plus de 50% sur la seule dernière semaine, provoquant une chute simultanée des principales places boursières mondiales.
En Asie, région extrêmement dépendante des importations d’hydrocarbures, les marchés financiers sont entrés dans le rouge face à ce choc pétrolier ; plusieurs analystes parlent désormais d’« Iranflation », avertissant qu’un conflit prolongé pourrait briser une reprise économique mondiale encore fragile et entraîner une vague inflationniste majeure sur les prix à la pompe et les produits de base.
En Europe, les prix du gaz ont bondi d’environ 30%, dans un contexte de stocks en baisse structurelle.
2– Stocks énergétiques et discussions au G7
La presse britannique souligne, pour sa part, la vulnérabilité énergétique du Royaume‑Uni, évoquant la perspective d’une « crise gazière » si la guerre se prolonge, alors que les prix du gaz de gros atteignent des records et que les capacités de stockage sont limitées.
Les ministres des Finances du G7 se réunissent ce lundi sous présidence française pour examiner une éventuelle libération conjointe d’une partie de leurs stocks pétroliers stratégiques, à hauteur de 300 à 400 millions de barils selon certaines estimations. Trois membres du G7, dont les États‑Unis, ont déjà fait part de leur soutien à cette option, reconnaissant de facto l’incapacité des politiques actuelles à stabiliser les marchés, alors même que le brut de référence du Moyen‑Orient, le Murban d’Abou Dhabi, a franchi la barre des 112 dollars le baril.
3 – Coûts de la guerre pour les États‑Unis et tensions énergétiques en Occident
Selon des estimations publiées par la presse américaine, la première semaine de guerre contre l’Iran aurait déjà coûté environ 6 milliards de dollars aux États‑Unis, dont près de 4 milliards consacrés aux seules munitions, principalement aux missiles intercepteurs.
Ces chiffres confirment que l’option militaire contre l’Iran n’est pas seulement illégale et immorale, mais également insoutenable sur le plan économique pour les sociétés occidentales, déjà confrontées à l’inflation, à la hausse des taux d’intérêt et à la fragilisation de leurs classes moyennes.
4 – Attaques délibérées contre les civils et le patrimoine iranien
Une vidéo diffusée par l’agence iranienne Mehr et authentifiée par plusieurs médias internationaux – dont le Washington Post et le New York Times – montre un missile de croisière Tomahawk frappant une zone située à proximité immédiate de l’école primaire de Shajarah Tayyiba à Minab, dans le sud de l’Iran, le 28 février, provoquant le martyr de 170 enfants iraniens. Huit experts en armement cités par ces journaux ont identifié sans ambiguïté la munition comme un Tomahawk de fabrication américaine, ce qui contredit frontalement les tentatives de certains responsables politiques américains de rejeter la responsabilité de ce massacre sur l’Iran lui‑même. A noter que ce massacre présente tous les éléments constitutifs d’un crime de guerre.
Par ailleurs, des frappes répétées contre les villes de Téhéran, d’Ispahan, Shahreza et Najafabad, comprenant un double bombardement sur la même zone au moment où les équipes de secours intervenaient, ont fait plus d’une vingtaine de martyrs et plus de cinquante blessés, confirmant une stratégie de ciblage des civils et des secouristes.
Des attaques ont également touché la ville de Khorramabad, à proximité du site historique de Falak‑ol‑Aflak, endommageant des commerces, des véhicules et des abords d’un monument majeur du patrimoine iranien.
À Ispahan, des responsables du patrimoine ont confirmé des dégâts sur les carreaux des porches de la Grande Mosquée de Shāh ‘Abbās, tandis que plusieurs bâtiments de fédérations sportives à Téhéran ont été gravement endommagés par les frappes américano‑israéliennes.
Un centre de santé à Ourmia, Chef-lieu de la province d’Azerbaïdjan occidental, à l'ouest de l'Iran, a été gravement endommagé à la suite d'une attaque de missiles israélo-américaine.
A Téhéran, le Croissant‑Rouge iranien a en outre alerté la population sur la toxicité des précipitations après certaines attaques contre des dépôts pétroliers, appelant les habitants à éviter tout contact avec la pluie, à couvrir leur peau et à protéger les denrées alimentaires, en raison des fumées et résidus toxiques dégagés par les bombardements.
5 – Représailles iraniennes et démonstration de capacités
En réponse aux attaques américano-israéliennes, les forces armées de la République islamique d’Iran ont mené de vastes opérations de riposte ciblées contre des objectifs militaires des agresseurs, conformément au droit à la légitime défense.
La principale source de carburant de la Cinquième Flotte américaine, a été touchée par des frappes iraniennes, provoquant un incendie majeur sur le site.
De puissantes explosions ont été signalées simultanément sur des bases américaines au Koweït, au Qatar et au Bahreïn, ainsi que sur des objectifs en Irak, dans le cadre de nouvelles vagues de l’opération de riposte « Vraie Promesse 4 ».
Selon les communiqués militaires iraniens, des missiles balistiques de type Qadr, Emad et Kheibar Shekan, dont certains équipés d’ogives à sous‑munitions, ont été utilisés lors de cette nouvelle vague, visant des infrastructures militaires, logistiques et de renseignement, y compris des radars stratégiques et des bases aériennes.
Les forces iraniennes ont annoncé avoir abattu plusieurs drones MQ‑9 américains dans la province de Boushehr, ainsi qu’un troisième drone dans le ciel de Téhéran, et avoir frappé la base d’hélicoptères américaine d’Al‑Udayri (Camp Buehring) au Koweït, détruisant des réservoirs de carburant, des installations logistiques et des infrastructures critiques de la base.
Des sources médiatiques régionales rapportent que la plus grande centrale électrique israélienne, à Hadera, a été attaquée, provoquant une coupure complète de l’électricité à Tel‑Aviv, tandis que des missiles à sous‑munitions ont visé la région de Haïfa ; des médias économiques internationaux, dont The Economist, relèvent que la profondeur et la précision de l’arsenal balistique iranien ont pris de court certains centres de décision à Washington et Tel‑Aviv.
Suite à la destruction de plusieurs de ses dépôts de pétroles par les États‑Unis et le régime israélien, l’Iran a décidé d’élargir la liste de ses cibles de riposte, au‑delà des seules installations militaires, en incluant désormais les infrastructures économiques stratégiques de ses agresseurs. Selon une source militaire iranienne « la liste des cibles de l’Iran a été considérablement mise à jour », avec l’ajout d’investissements clés américains et israéliens et d’intérêts vitaux dans la région, y compris des actifs économiques majeurs et des infrastructures jugées essentielles aux intérêts stratégiques des États‑Unis au Moyen‑Orient.
6 – Élection du nouveau Guide et mobilisation populaire en Iran
L’ayatollah Seyyed Mojtaba Hosseini Khamenei a été élu troisième Guide de la Révolution islamique par l’Assemblée des Experts, avec plus des deux tiers des voix, succédant à son père Seyyed Ali Khamenei tombé en martyr le 28 février.
Âgé de 56 ans, ancien combattant de la Défense sacrée (guerre imposée pendant 8 ans par Saddam Hussein à l’Iran) dès l’âge de 17 ans, Seyyed Mojtaba Khamenei a perdu lors de l’attaque des forces israélo-américaines son père, sa mère, son épouse, son fils, sa nièce, son neveu, sa sœur et son beau‑frère, ce qui renforce, aux yeux de nombreux Iraniens, la dimension de sacrifice personnel attachée à sa fonction.
Le Président russe Vladimir Poutine a félicité le nouveau Guide, saluant son accession à la direction du pays « à un moment où l’Iran fait face à une agression armée » et affirmant sa confiance dans la poursuite « honorable » de la voie tracée par son père, ainsi que le soutien indéfectible de Moscou à Téhéran.
7 – Réactions et contradictions en Europe et au Moyen‑Orient
La présidente du Parlement européen a repris les éléments de langage américains et israéliens en condamnant les frappes de riposte iraniennes dans le Golfe persique, tout en gardant le silence sur les milliers de civils iraniens tués ou blessés par les bombardements américano‑israéliens ; cette posture illustre un double standard manifeste en matière de droits humains.
Des responsables européens affirment « se tenir aux côtés du peuple iranien », mais omettent d’exiger l’arrêt des frappes contre les écoles, les hôpitaux, les centres de santé et les infrastructures civiles iraniennes, ce qui pose une question de cohérence morale et politique.
Parallèlement, plusieurs acteurs régionaux plaident pour la désescalade : les ministres des Affaires étrangères de la Russie et des Émirats arabes unis ont, dans un entretien téléphonique, appelé à une réduction immédiate des tensions et à la protection des civils, tandis que le ministre des Affaires étrangères d’Oman a qualifié l’action militaire américaine et israélienne contre l’Iran d’«immorale et illégale », tout en appelant toutes les parties à revenir à la voie diplomatique.
8 – Activité diplomatique iranienne et gestion des tensions régionales
Le Président iranien, M. Masoud Pezeshkian, a eu un entretien téléphonique avec son homologue azerbaïdjanais, M. Ilham Aliyev, au cours duquel il a démenti toute implication de l’Iran dans le bombardement de Nakhitchevan et s’est engagé à faire toute la lumière sur cet incident.
Un responsable turc a confirmé que le Président Recep Tayyip Erdoğan mène une intense «diplomatie téléphonique» avec les dirigeants mondiaux afin de relancer des négociations entre les États‑Unis et l’Iran, démontrant que de nombreux pays de la région rejettent la logique de guerre.
Le ministre des Affaires étrangères iranien est en contact constant avec ses homologues régionaux pour réaffirmer que la politique de l’Iran repose sur la non‑agression et la coopération avec ses voisins, et que la principale source d’instabilité demeure la présence militaire américaine et le recours répété à la force par Washington et le régime israélien.
Les présidents iraniens et français se sont entretenus au téléphone pour évoquer le conflit et les tensions actuelles dans la région et ses répercussions.
9 – Mobilisation populaire en Iran
À la suite de l’annonce de l’élection du nouveau Guide, des rassemblements massifs de soutien et de joie ont été enregistrés dans plusieurs villes, notamment à Zahedan, Qom (au sanctuaire de Hazrat Ma‘soumeh), Mashhad, Kerman, ainsi que sur des places emblématiques de Téhéran comme Vanak et Vali‑Asr.
En province du Khouzestan, des cortèges et rassemblements ont exprimé leur disponibilité à défendre le pays et à soutenir les forces armées, y compris dans des villes soumises à des bombardements répétés.
À Ispahan, malgré les frappes, la population est descendue dans la rue pour manifester sa résilience et son refus de céder à la terreur, tandis qu’à Tabriz, les « masses attachées au principe de jurisconsulte ‘’Velayat-e Faguih’’» se sont réunies sur la place de l’horloge (Meydan‑e Sa‘at).
10 – Guerre informationnelle et réponse de l’Iran
Sur le plan rhétorique, certains dirigeants occidentaux poursuivent une campagne de dénigrement visant à justifier l’agression militaire : le Premier ministre israélien a menacé l’Iran en promettant une « surprise de taille qui déstabilisera complètement le pays », tandis que le Président américain a affirmé que le nouveau dirigeant iranien « ne durerait pas longtemps » sans l’aval de Washington et que la hausse du prix du pétrole serait un « prix modeste » à payer pour la sécurité de l’Occident.
Ces déclarations confirment que les objectifs réels de cette guerre dépassent largement la question du nucléaire ou de la sécurité régionale et visent un morcellement stratégique de l’Iran, au mépris du droit des peuples à disposer d’eux‑mêmes.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a rappelé, en réponse, que lors d’une précédente agression de douze jours, certains responsables américains avaient déjà évoqué une « reddition sans condition » de l’Iran, mais qu’au bout de douze jours ce sont les agresseurs qui ont réclamé un cessez‑le‑feu, ajoutant que l’Iran ne se rendra jamais et continuera à défendre son territoire, son peuple et sa dignité.
La véritable « sécurité » ne peut être assurée par la déshumanisation d’un peuple ni par la destruction de ses infrastructures civiles, mais par le respect du droit international, l’arrêt immédiat des bombardements contre les civils et la reconnaissance du droit légitime de l’Iran à la défense de sa souveraineté.
Service de la diplomatie publique Ambassade de la République islamique d’Iran - Paris
9 Mars 2026