Le Service de la diplomatie publique de l’Ambassade de la République islamique d’Iran en France souhaite apporter les éléments d’information suivants :
1 – Poursuite des attaques aveugles contre des civils et bilan humanitaire actualisé
Les bombardements aveugles menés par les forces américano-israéliennes se poursuivent sur l’ensemble du territoire iranien, frappant sans distinction des familles, des infrastructures civiles et des installations strictement humanitaires. Les événements survenus au cours des dernières 24 heures illustrent la gravité de cette stratégie de terreur dirigée contre la population très loin des prétendus « frappes chirurgicales ».
Au niveau national, les autorités iraniennes rappellent que, selon les données consolidées à ce stade, plus de 3 090 unités d’habitation, 528 unités commerciales et 13 établissements de santé – dont 9 appartenant au Croissant-Rouge iranien – ont été touchés par les frappes ennemies, et qu’environ 30% des martyrs recensés sont des enfants.
Dans la province d’Hormozgan, selon une enquête d’un grand média américain, le bombardement de l’école primaire de Mināb a été imputé aux États-Unis, causant la mort de 175 élèves, un chiffre qui illustre le caractère manifestement indiscriminé de ce type d’attaques.
Plusieurs usines pharmaceutiques ont par ailleurs été directement visées : l’usine Daroupakhsh, l’usine Abidi et l’usine Ferdows ont été frappées, confirmant le caractère fallacieux des déclarations américaines selon lesquelles « le peuple iranien ne serait pas une cible ». En attaquant des sites de production de médicaments, les agresseurs visent non seulement des infrastructures civiles, mais compromettent aussi l’accès de millions de patients aux médicaments essentiels.
En ville de Mahabad, plusieurs explosions consécutives à des frappes américano-israéliennes ont gravement endommagé des quartiers urbains. Le bâtiment du Croissant-Rouge de Mahabad – dont la seule mission est de fournir des services de secours, d’assistance et d’aide humanitaire aux victimes et aux personnes dans le besoin – a été sévèrement touché et partiellement détruit.
Dans le comté de Robat-Karim, près de Téhéran, une attaque aérienne a entraîné le martyre d’un enfant âgé d’un an, d’un passant et d’un boulanger. Cinquante-six autres personnes ont été blessées, dont un grand nombre se trouvait au moment de la frappe dans la file d’attente devant la boulangerie. Une école de Robat-Karim a également été endommagée, et plusieurs membres de la famille du gardien de l’établissement ont été blessés avant d’être évacués vers des structures de soins.
Dans la province de Zandjan, deux points de l’autoroute Zandjan–Qazvin ont été ciblés, provoquant la mort de 17 civils innocents dans le complexe de restauration « Pasargad » et à hauteur d’un pont routier, ainsi que 12 blessés. Les opérations de déblaiement, d’évacuation des corps et de prise en charge des blessés ont été conduites en urgence, tandis que l’identification des victimes de cette attaque est toujours en cours.
À Tabriz, deux familles originaires de cette ville ont été grièvement blessées alors qu’elles circulaient sur l’autoroute Shahid Kasa’i, à la suite d’une frappe conjointe américano-israélienne ; l’état de l’une des personnes touchées est actuellement considéré comme critique par les équipes médicales.
2 – Mobilisation populaire massive à travers le pays
En dépit de l’intensification des bombardements et de la multiplication des attaques contre des civils, la population continue de se rassembler dans toutes les villes pour se recueillir et manifester son soutien aux forces armées et son attachement à l’indépendance et à l’intégrité territoriale du pays.
De grandes mobilisations populaires ont été observées dans de nombreuses villes et provinces :
À Ardabil, une véritable « marée humaine » a défilé dans les rues, exprimant son refus de céder à la pression militaire et psychologique ;
À Téhéran, d’importants cortèges de voitures ont parcouru le boulevard Keshavarz, tandis que la place des Martyrs (Meydān-e Shohadā) a été le théâtre de rassemblements massifs ;
Des manifestations significatives ont également eu lieu à Arak, Bojnourd, Shahr-e Kord, Amol, Ilam, Qom et Mashhad, où des citoyens de tout âge ont participé aux marches et rassemblements nocturnes, parfois à quelques heures seulement de violentes frappes aériennes.
Ces mobilisations, qui se déroulent dans le calme et dans le cadre de l’unité nationale, démontent les narratifs visant à présenter la société iranienne comme divisée ou démoralisée et illustrent au contraire la résilience d’un peuple plusieurs fois millénaire. Dès lors, il n’est pas surprenant de constater les déclarations successives et quasi désespéré du Président Américain qui réclame sans succès des manifestations contre le système politique iranien et ses dirigeants.
3 – Activité diplomatique intense de la République islamique d’Iran
Parallèlement aux opérations de défense sur le terrain, la diplomatie iranienne poursuit une activité soutenue afin d’informer les partenaires régionaux et internationaux de l’évolution de la situation, de prévenir une aggravation du conflit et de rappeler le cadre du droit international.
Le Président turc, a indiqué, lors d’un échange avec le Président français, que la Turquie s’efforçait de relancer des discussions diplomatiques autour de la question iranienne, confirmant ainsi l’existence de multiples initiatives visant à éviter un embrasement incontrôlé.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a également eu des conversations téléphoniques avec ses homologues indien, azerbaïdjanais cubain, et Sri Lankais, afin de détailler la réalité des attaques, de démentir les campagnes de désinformation et de réaffirmer la détermination de l’Iran à défendre sa souveraineté tout en restant attaché à la stabilité régionale.
4 – Rhétorique belliciste et de plus en plus surréaliste de l’administration américaine
Dans ce contexte d’agression, la rhétorique des autorités américaines atteint un niveau de déconnexion préoccupant avec la réalité historique et politique de l’Iran ainsi que les réalités du terrain.
Le Président des États-Unis a ainsi déclaré dans une interview qu’il devait «personnellement intervenir dans le choix du prochain dirigeant de l’Iran», revendiquant explicitement la volonté de peser sur la direction politique d’un pays souverain, comme il l’avait revendiqué pour d’autres États. De tels propos montrent un mépris total pour le droit international et pour l’histoire iranienne, et relèvent davantage du fantasme que de l’analyse.
Le même responsable a appelé les diplomates iraniens à demander l’asile politique et a exhorté les forces armées, les Gardiens de la Révolution, l’armée régulière et la police à « déposer les armes », promettant une prétendue « immunité complète » en cas de défection et menaçant, dans le cas contraire, d’« une mort certaine ». Cette rhétorique, qui cherche à briser la cohésion interne de l’Iran, témoigne de l’incapacité de Washington à comprendre la profondeur du sentiment patriotique iranien.
En dépit de ces injonctions surréalistes, pas un seul militaire, fonctionnaire ou responsable iranien n’a cessé de défendre sa patrie. De 1980 à 1988, au plus fort de la guerre imposée par Saddam Hussein avec le soutien actif de plusieurs puissances, des centaines de milliers de volontaires iraniens se sont sacrifiés pour empêcher l’occupation du moindre centimètre carré du territoire national. Cette mémoire collective explique la détermination actuelle des forces armées et de la population à résister à toute agression extérieure.
5 – Poursuite de la guerre d’information
En parallèle aux opérations militaires, une vaste guerre d’information se développe, combinant fausses nouvelles, rumeurs et manipulations médiatiques visant à semer la confusion à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran.
Ainsi, certaines déclarations hostiles évoquent un prétendu soutien américain à des attaques « kurdes » contre l’Iran, allant jusqu’à annoncer que Washington « soutiendrait » des opérations armées menées depuis les régions frontalières. Ces propos, outre qu’ils symbolisent l’échec de la stratégie américaine à l’égard de l’Iran, s’inscrivent dans une logique dangereuse de fragmentation régionale en ligne avec les intérêts de ceux qui rêvent de démanteler l’intégrité territoriale iranienne. Ils ignorent cependant que les Kurdes font partie intégrante de la nation iranienne depuis des siècles, contribuant à sa culture et à son histoire ; le Président actuel de la République islamique est lui-même d’origine mixte, à la fois kurde et azéri, ce qui illustre la diversité et l’unité nationales.
Un expert saoudien, intervenant sur la chaîne Al Arabiya, a confirmé l’arrestation d’agents liés au Mossad en Arabie saoudite et au Qatar, lesquels auraient planifié des attentats sous faux drapeau. Selon cet expert, la notion de « légitime défense » invoquée par Israël se traduit, dans la pratique, par des tentatives de pousser d’autres pays à mener sa guerre à sa place.
Par ailleurs, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue azerbaïdjanais, le ministre iranien des Affaires étrangères a formellement démenti tout tir de projectile depuis le territoire iranien vers la République autonome du Nakhitchevan, rappelant que les forces armées iraniennes menaient leurs opérations en stricte conformité avec le droit international et qu’une enquête était en cours pour déterminer l’origine des explosions survenues dans cette région.
Les autorités iraniennes appellent une nouvelle fois les médias et l’opinion publique internationale à ne se fier qu’aux informations émanant de sources officielles ou dûment vérifiées et à résister aux tentatives de guerre psychologique.
6 – Tension accrue autour du détroit d’Ormuz et impact sur l’économie mondiale
La montée des tensions autour du détroit d’Ormuz, l’un des principaux corridors énergétiques mondiaux, a des conséquences immédiates sur la sécurité maritime, les marchés énergétiques et les équilibres économiques globaux.
Selon les informations disponibles, le porte-avions américain USS Abraham Lincoln, qui s’était approché à environ 340 kilomètres des eaux territoriales iraniennes dans la mer d’Oman, avec pour objectif déclaré de « gérer » le détroit d’Ormuz, a été touché par des drones de la marine du Corps des Gardiens de la Révolution islamique. Les autorités militaires iraniennes ont indiqué que le groupe aéronaval américain, y compris ses navires d’escorte, s’était replié à grande vitesse et se trouvait désormais à plus de 1 000 kilomètres de la zone, rendant caduques les discours concernant une prétendue « escorte sécurisée » des navires par les forces américaines.
Les données de navigation montrent qu’environ 300 pétroliers se sont retrouvés immobilisés ou en attente dans les environs du détroit d’Ormuz, faute de pouvoir franchir ce passage. Les cours du Brent ont atteint le seuil de 90 dollars le baril, soit leur plus haut niveau des deux dernières années, tandis que les pays exportateurs de la région sont contraints de réduire progressivement leur production faute de capacités de stockage suffisantes. Les estimations indiquent que les capacités de stockage disponibles ne permettent de conserver le flux de production actuel que pendant 18 à 22 jours ; au-delà, en l’absence de reprise normale des exportations, ces pays seraient obligés de diminuer significativement leur production.
Plusieurs États de la région, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar, discutent désormais ouvertement de la possibilité de revoir ou de réduire leurs engagements contractuels avec les États-Unis, comme l’a rapporté la presse économique internationale.
Les analyses publiées par des médias spécialisés soulignent également l’impact de la situation sur le marché du gaz naturel liquéfié (GNL) en Europe : les perturbations au niveau d’Ormuz ont entraîné un doublement des prix du GNL.
Selon un rapport relayé par une grande chaîne américaine, le détroit d’Ormuz a connu, pour la première fois depuis le début du conflit, une journée sans aucun passage de pétroliers, contre 65 navires enregistrés la veille du déclenchement de la guerre.
Cette situation confirme que la fameuse « Blitzkrieg » (ou guerre-éclair) que les agresseurs israélo-américains pensaient pouvoir imposer à l’Iran est en train de se transformer en un bourbier stratégique lourd de conséquences économiques.
7 – Représailles iraniennes et évolution des opérations militaires
Face à l’agression en cours, l’Iran exerce son droit naturel et légitime à la défense en menant des représailles ciblées contre des objectifs militaires impliqués dans les attaques.
Au cours des derniers jours, certains médias proches des forces américaines et israéliennes ont tenté de laisser entendre que la « capacité offensive » iranienne aurait été affaiblie. L’analyse des frappes et des opérations menées montre au contraire que l’Iran continue de frapper avec détermination, tandis qu’une censure accrue limite la diffusion d’images et d’informations sur les dommages subis par les agresseurs.
Selon les déclarations de responsables iraniens, plusieurs centaines de missiles ont été tirés depuis le début des opérations de riposte ainsi que plusieurs milliers de drones, avec pour objectif de saturer et d’épuiser les systèmes de défense antimissile adverses. Cette stratégie a été reconnue par certains médias américains comme un succès, ces derniers soulignant l’important affaiblissement des capacités d’interception ennemies.
Cinq avions de chasse F‑15 américains ainsi que plus de cinquante drones de combat et de reconnaissance, parmi lesquels des appareils de type Hermes, Heron et MQ‑9 Reaper, ont été abattus au cours des derniers jours.
Des sources militaires indiquent également que l’Iran a utilisé un missile balistique de type «Khorramshahr» à sous‑munitions, capable d’emporter 80 charges distinctes (tête explosive de 1800 kg) permettant de frapper simultanément des cibles multiples, ce qui renforce la capacité dissuasive du pays face aux infrastructures militaires adverses.
Selon des images satellites citées par une grande chaîne d’information internationale, plusieurs systèmes radar relevant du dispositif antimissile THAAD américain ont été détruit dans la région.
Une autre chaîne américaine a rapporté, en citant des sources informées, la destruction de trois drones MQ‑9 Reaper américains « au cours d’une opération en Iran ».
8 – Torpillage de la frégate iranienne Dena : un crime de guerre
L’un des événements les plus graves de cette escalade demeure le torpillage de la frégate iranienne Dena, navire de la Marine iranienne en quittant les eaux indiennes.
Comme l’a rappelé le ministre iranien des Affaires étrangères, la frégate Dena était non armée au moment de l’attaque. Ce navire de formation, chargé de marins et d’officiers en instruction, participait à un exercice naval conjoint international à l’invitation officielle de la Marine indienne, et avait défilé, aux côtés d’autres bâtiments étrangers devant le Premier-Ministre indien.
Alors que les navires participants à cet exercice avaient l’obligation, selon les protocoles en vigueur, de ne transporter aucune munition, la frégate iranienne a été torpillée par un sous-marin américain dont la marin s’était retirée à la dernière minute de la manœuvre, vraisemblablement en vue de préparer cette opération. Les forces américaines ont ensuite refusé de porter secours aux survivants, laissant la Marine sri-lankaise secourir le peu de survivants et récupérer les corps en mer.
Un ancien ministre indien des Affaires étrangères a lui-même reconnu que le navire iranien se trouvait dans une position de vulnérabilité particulière du fait de son invitation à l’exercice, rappelant que l’attaque d’un navire non armé, engagé dans une mission de coopération internationale, constitue un crime de guerre manifeste.
Cet épisode révèle le véritable visage d’une armée américaine bien éloignée des images véhiculées par la propagande hollywoodienne et dépourvue de la moindre considération pour les principes les plus élémentaires du droit international humanitaire.
Service de la diplomatie publique
Ambassade de la République islamique d’Iran - Paris
6 Mars 2026