À la suite de récentes déclarations publiques d’un député de l’Assemblée Nationale française relayées sur les réseaux sociaux, mettant en cause la présence sur France Inter de S.E.M. Mohammad Amin‑Nejad, Ambassadeur de la République islamique d’Iran en France, et présentant l’Iran comme un «État terroriste» dont l’ambassadeur serait le représentant, le service de la diplomatie publique de l’Ambassade souhaite apporter les précisions suivantes :
Des chiffres invraisemblables et une réalité partielle
Il a été affirmé que plus de 30 000 personnes auraient été tuées en 48 heures en Iran, que des rançons auraient été exigées pour restituer des corps et que des médecins auraient été exécutés pour avoir soigné des manifestants. Aucune organisation internationale, aucune ONG crédible ni aucun mécanisme onusien n’a confirmé la véracité de tels chiffres et de tels faits.
Par rapport à ces données sans fondement, les autorités iraniennes ont rendu publique dès le 1 février 2026 une liste nominative de 3117 victimes : forces de l’ordre, émeutiers, manifestants et passants, avec noms, prénoms et numéros d’identité nationale. À ce jour, aucune organisation indépendante ou même des groupes d’opposition n’ont présenté de document comparable, et la seule liste nominative diffusée à l’étranger, consiste en la liste officielle iranienne à laquelle ont été ajouté près de 1000 noms et prénoms sans aucune précision complémentaire, des identités en quasi-totalité invérifiables, souvent sans la moindre trace sur les réseaux sociaux et dans certains cas correspondant à des personnes bien en vie !
Au cours des troubles récents, plusieurs centaines de policiers et membres des forces de l’ordre ont été tués et plusieurs milliers blessés dans des attaques armées, des lynchages ou des incendies volontaires, comme en attestent les vidéos diffusées par certains groupes qui s’en glorifient ! Réduire ces événements à la violence d’un État contre sa population désarmée est donc profondément trompeur.
Une utilisation politiquement dangereuse du mot « terrorisme »
Contrairement à ce qui a été avancé, l’Iran dont 17000 citoyens ont été victimes d’actions terroristes, n’a jamais été qualifié de « régime terroriste » par aucun pays, ni aucune instance régionale ou internationale.
Il est à noter que l’inscription du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) sur la soi-disant liste européenne des organisations terroristes, représente un fait sans précédent dans l’histoire : pour la première fois, une composante officielle des forces armées d’un État, reconnue par sa Constitution et engagée dans la défense de son pays, serait traitée comme une organisation terroriste par des partenaires qui maintiennent avec cet État des relations diplomatiques, ce qui relève d’une instrumentalisation de la notion du terrorisme.
Il convient aussi de rappeler que ces mêmes Gardiens de la Révolution ont été les premiers à combattre Daech, aux côtés des forces locales, en Irak, au Kurdistan irakien et en Syrie, alors que certaines puissances restaient dans une posture hésitante. De nombreux responsables irakiens et kurdes ont publiquement reconnu le rôle déterminant des gardiens de la révolution dans l’arrêt de l’avancée de Daech, au moment même où la France était endeuillée par des attentats revendiqués par cette entité « terroriste ».
Liberté d’expression, pluralisme et responsabilité
L’Ambassade rappelle que l’Iran entretient des relations diplomatiques avec la France et la présence du représentant officiel de l’Iran dans un média national français, même pour quelques minutes, relève du respect que nous portons au peuple et à l’opinion publique français en lui exposant directement la réalité du terrain et la vision iranienne, et en lui permettant d’entendre et de juger. Depuis des semaines, les antennes des chaînes d’information accueillent largement des opposants iraniens, parfois des heures durant, sans que cette quasi‑unicité de voix ne soit dénoncée.
Poser des étiquettes artificielles à un pays et le qualifier de terroriste, contribue en outre à alimenter un climat d’insécurité visant les ressortissants iraniens : simples citoyens, étudiants, chercheurs ou visiteurs. L’histoire récente montre que des campagnes fondées sur des exagérations, des chiffres non vérifiés ou des récits partiels ont souvent servi de prélude à des sanctions extrêmes, voire à des interventions militaires avec des conséquences et souffrances infinies.
La critique et le débat sont bien évidemment acceptables et font partie intégrante de notre vie actuelle, mais ne peuvent en revanche être construits sur des chiffres imaginaires, des amalgames dangereux et des simplifications géopolitiques qui déforment la réalité et fragilisent les principes mêmes du droit international.
Paris, le 26 février 2026
Service de la diplomatie publique
Ambassade de la République islamique d’Iran en France
*https://x.com/challoncle/status/2025665756290232823?s=12&t=hfTX0wjG5i-cyFj4l4DKKA